Biodiversité et agriculture, enfin l’INRA se réveille !



Dans la foulée du «Grenelle de l’environnement» qui a mis en avant la nécessité de freiner les ravages de l’agriculture intensive sur la biodiversité, le gouvernement a demandé à l’INRA-Institut national de recherche agronomique de faire une «synthèse critique» de tout ce que la littérature scientifique internationale a produit, notamment sur les bénéfices que la biodiversité peut apporter à l’agriculture. Cette «expertise collective», intégrant des chercheurs d’autres établissements et d’autres disciplines que l’agronomie, devrait être prochainement publiée. Ses grandes lignes ont été présentées lors d’un colloque qui s’est tenu récemment au ministère de l’Écologie.

« Agriculture et biodiversité – Des synergies à promouvoir » le 2 Juillet 2008

Deere colors!!

  • l’intensification de l’agriculture a des effets négatifs sur la biodiversité
  • les paysages simplifiés et homogènes, sans éléments naturels sont moins riches en biodiversité
  • il y a des synergies possibles entre biodiversité et agriculture = biodiversité utilitaire !
  • intégrer la biodiversité dans le processus de production permet à l’agriculteur d’améliorer le performances agronomiques et de réduire les intrants
  • ces nouveaux systèmes agronomiques sont plus complexes, plus techniques au niveau de l’exploitation , et requièrent une approche systémique en particulier au niveau de la gouvernance du territoire national, de l’organisation des filières de production,

Creative Commons License photo credit: swisscan

Il était plus que temps que l’INRA, ce magnifique outil de recherche se réoriente sur …l’Agronomie, science visant à comprendre les mécanismes en jeu en agriculture et à les améliorer : fertilité et conservation des sols, choix des assolements et des rotations des cultures, semences rustiques adaptés au terroir, qualité alimentaire et salubrité des productions agricoles … que du bon sens !

«L’agriculture intensive s’est construite après la Seconde Guerre mondiale en s’affranchissant de la biodiversité. La vision s’est focalisée sur les flux de matières ( engrais, traitements phytosanitaires, NDLR ) et on a oublié la composante biologique» , explique Xavier Le Roux, le chercheur de l’Inra qui a piloté l’expertise.

Earthworm

Mais on peut être effaré par l’ultime conclusion de Xavier LEROUX :en gros, l’INRA « n’est pas capable de donner des solutions clés-en-main ..mais on est (…) clairement dans une situation expérimentale », ce qui me semble fort en chocolat pour un organisme qui fait de la recherche agronomique depuis des dizaines d’années. On sont passés nos impôts ? Pourquoi l’INRA a t-elle mis au placard les chercheurs comme Claude Bourguignon , microbiologiste des sols qui a quitté l’INRA. Il annonçait de mauvaises nouvelles : les sols contiennent 80 % de la biomasse vivante. Il ne peut y avoir d’agriculture pérenne que si on a un sol vivant.

Creative Commons License photo credit: Dodo-Bird

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :