Bio sans éthique = Arnaque


Communiqué de presse du 28 novembre 2008 de la FNAB – Fédération nationale de l’agriculture biologique

Contamination du soja bio à la mélamine

La contamination d’un lot de soja bio en provenance de Chine par de la mélamine est une affaire grave pour la filière biologique, qui fait écho à d’autres événements récents du même ordre. Mais cette affaire démontre également que la bio reste une filière extrêmement bien contrôlée, de plus en plus à même de repérer les fraudes et d’agir rapidement par retrait du lot d’aliment incriminé. Il ne s’agit pas d’une crise sanitaire, car les volailles et œufs bio analysés, concernés par l’aliment incriminé, ne comportent pas de traces de mélamine, selon l’AFSSA. Cette affaire ne peut que faire réfléchir les paysans bio sur une plus stricte application de leur fondamentaux, notamment en terme d’autonomie sur leur exploitation.

Le groupe coopératif Terrena a annoncé, suite à un autocontrôle, qu’un lot de soja bio importé de Chine était contaminé par de la mélamine. Le réseau FNAB soutient ses groupements adhérents de Pays de Loire et de Poitou-Charentes et réaffirme que tous les éleveurs bio touchés, aucunement responsables de ce problème, seront défendus pour qu’ils n’en subissent pas les éventuelles conséquences techniques et financières. Une intervention judiciaire n’est pas exclue si des producteurs lésés ne sont pas indemnisés.

Un approvisionnement local pour une bio plus cohérente

Cette affaire démontre aussi la nécessité de repenser le modèle d’approvisionnement alimentaire des volailles biologiques. Les paysans bio continuent de demander un véritable « Plan protéines » pour une indépendance alimentaire européenne en matières protéiques. Les efforts du Ministre de l’Agriculture en ce sens, aussi louables soient-ils, ne sont pas à la hauteur des demandes exprimées par les citoyens. La recherche d’autonomie des exploitations et l’approvisionnement local est le seul rempart à des contaminations (y compris OGM). Les opérateurs aval de la filière doivent réfléchir avec les producteurs bio au moyen de sécuriser la fabrication d’aliments pour volailles.

Cette affaire ne fait que renforcer la volonté des paysans bio de France et d’ailleurs pour que se développe une agriculture paysanne biologique de proximité, solidaire, seule garante d’un développement harmonieux et durable.

« Consommateurs, aidez-nous à produire la bio que vous souhaitez »

-> Répondez au questionnaire en ligne de la FNAB

Publicités

11 Réponses

  1. Ce que cette lamentable affaire démontre, c’est que quand l’agro-industrie se met à faire du bio sans éthique, elle applique exactement les méthodes utilisées pour produire de la malbouffe et de la vache folle. Pour Terrana, le Bio c’est juste un segment de marché de sa filière Oeufs qui en comporte 4 : « Standards », « Plein air », « Label » et « Biologiques ». Aujourd’hui, Terrena avance comme excuse les mauvaises récoltes de soja au Brésil! A qui feront-ils croire cela ? Il y a des sources de proteines végétales en France, il y a même des tonnes de farine de poissons produites sur les côtes bretonne qui sont à 2 heures de route. Mais non, trop cher. C’était plus rentable pour ces industriels de faire venir un cargo de tourteau de soja de l’autre bout de la Terre, un point c’est tout. Les garanties ? Ils avaient leur beau certificat du trader chinois. Acheter des produits bio en Chine, autant acheter des capotes au Vatican ! Moi, ceux que je plaint, ce sont les éleveurs (et coopérateurs) qui vont payer la note : parce je ne pense pas que les consommateurs vont continuer d’acheter des produits bio de ces « fabricants de poulets », en particulier en grandes surfaces. Je vous laisse, je vais acheter mon poulet dominical ..chez Biocoop qui met en place des filières tracées.
    PS : n’oubliez pas de répondre au questionnaire de la FNAB, il tombe à pic !

  2. CHERCHEZ L’ERREUR :  » Alors qu’elle couvrait plus de 1,6 million d’hectares en 1965, contre moins de 100.000 ha aujourd’hui, la luzerne risque de disparaître de nos paysages d’ici deux à trois ans ! », a averti Jean-Pol Verzeaux, président de Coop de France Déshydratation.
    Pourquoi ? Elle est menacée par l’Europe elle-même, selon Gilles.
     » la commission Européenne a émis une proposition remettant en question les subventions accordées aux producteurs de luzerne, via les entreprises de déshydratation qui transforment la plante en granulés destinés au bétail. Sans cette incitation à cultiver de la luzerne, les agriculteurs se tourneront vers des productions plus rentables comme les céréales ou les oléagineux», explique Jean-Pol Verzeaux qui s’attend à voir les surfaces chuter de 80 %. »

    La suite sur son blog : http://www.centpourcentnaturel.fr/

  3. Sur le sujet, j’ai trouvé un fil de discussion intéressant dans les forums d’Eco Bio Info « Produire Des Volailles Sans Ogm »
    http://www.eco-bio.info/forum/upload/index.php?showtopic=5178

  4. Tous les produits chinois se sont pas forcément trafiqués. J’ai trouvé ce reportage en Chine d’un importateur pour les magasins Satoriz. Il existerait bel et bien une agriculture organique en Chine.
    http://www.satoriz.fr/les-reportages/La-Chine-en-bio/article-sat-info-515-3.html
    Avez-vous d’autres infos ?

    Annie

  5. Hmm,
    Certain journalistes ne sont pas optimistes sur la qualité sanitaire des produits chinois.
    http://www.laprovence.com/articles/2008/12/02/645704-France.php

  6. « Mélamine, soja, volailles bio, Chine (…), ce mélange des mots, ce mélange des genres a de quoi rendre perplexe le consommateur », écrit paysans.fr dans un communiqué
    Cette organisation a demandé mercredi la mise en place d’une nouvelle marque collective bio qui prenne en compte la proximité géographie de la production.
    « L’utilisation massive de soja importé n’est pas conforme aux principes de l’agriculture bio », s’insurge paysans.fr qui dénonce « les dérives du label bio (attribué à) des produits fabriqués industriellement et donc soumis aux lois économiques de la mondialisation ». « L’agriculture biologique doit rester basée sur le principe de la proximité et du +lien au sol+ (production de l’alimentation du bétail sur l’exploitation ou en local) » et a besoin d’une marque collective qui, outre la nature biologique du produit, souligne aussi sa production locale.
    Paysans.fr regroupe des producteurs locaux qui vendent et livrent à domicile des produits frais. La part du bio représente 75% du volume livré par cette organisation en 2008 contre 30% il y a 5 ans. (©AFP / 03 décembre 2008 16h52)

  7. En savoir plus sur les techniques de production d’oeufs
    http://www.mescoursespourlaplanete.com/Produits/Oeufs_8/
    Comme dirait ma voisine : « Je t’ai apporté des oeufs tout frais de Bretagne. Ils sortent de l’usine » (sic).

  8. Vu sur le blog de la revue « Nouveau Consommateur »
    http://nouvoconso.canalblog.com/archives/2008/12/16/11766865.html

    « La plupart des firmes ignorent les circuits de leur approvisionnement »

    « On n’est jamais totalement sûr de l’origine et de la nature des substances fournies par les entreprises chinoises, par exemple. Avec la globalisation, ce contrôle est devenu de plus en plus complexe. Une carte avait été établie il y a une dizaine d’années pour représenter le circuit des différents ingrédients qui composent un produit fini : pour un yaourt par exemple, des centaines de mouvements étaient nécessaires. La plupart des entreprises n’ont aujourd’hui pas la moindre idée de cette complexité. Elles fonctionnent à l’aveugle, avec quelques fournisseurs qui ont eux-mêmes des sous-traitants. C’était le cas ces dernières années des sociétés qui ont été au cœur de scandales tels que les chaussures allergisantes ou, plus récemment, le lait à la mélamine. Ces scandales doivent nous servir d’alerte, car ils préfigurent ce qui nous attend dans les cinq ou dix prochaines années, faute de maîtriser la chaîne des fournisseurs » , affirme John Elkington cofondateur et directeur de Volans Ventures, société de conseils aux entreprises en matière de risques sociaux et environnementaux. ( Le Monde 15 décembre 2008)

  9. Savez vous que sur tous les oeufs que vous trouvez dans le commerce, le mode d’élevage est apparent ? Sur chaque oeuf est imprimé un code contenant :
    « 1 chiffre » « FR » « 1 lettre » « 3 chiffres »

    Le premier chiffre (qui précède les lettre « FR » décrit le type d’élevage :
    0 = oeuf de poule élevées en plein air, d’agriculture biologique
    1 = oeuf de poules élevées en plein air (au moins 2,5 m2 de terrain/poule)
    2 = oeuf de poule élevée au sol (élevage intensif en intérieur mais sans cage)
    3 = oeuf de poule élevée en cage (18 poules par m2)

    Procurez vous le guide de la PMAF « Choisir les bons oeufs : guide du consommateur dur à cuire » sur leur site.
    Pour une fois qu’un étiquetage existe, utilisons le !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :