Sauvons la Grande Ourse…et les papillons de nuit


« Oubliez la nuit, car en ville, elle n’existe plus ». Selon l’Atlas Mondial de la clarté artificielle du ciel nocturne, les halos lumineux masquent aujourd’hui la vision de 90% des étoiles dans les métropoles. Par peur ancestrale du noir, l’homme s’éclaire. Il illumine tout. Les étoiles nous voient, mais nous nous ne les voyons plus. La « pollution lumineuse » qui modifie l’alternance du jour et de la nuit, affecte les citadins, la faune et la flore. Elle est probablement partiellement responsable de la régression, voire de la disparition de certaines espèces animales et végétales.

La lumière artificielle perturbe la faune et la flore

La lumière a également un effet important sur le biorythme de l'homme

En biologie, on utilise le terme photopollution pour décrire l’impact nocif de la lumière nocturne sur la faune et la flore. Aujourd’hui, pour de nombreuses espèces vivant la nuit, le premier facteur de disparition est la destruction physique des écosystèmes, immédiatement suivi par … la pollution lumineuse comme source de destruction directe ! Cela fait des millénaires que l’homme en utilise les effets directs de la lumière sur les animaux : pêche au fanal, feu pour éloigner les bêtes féroces, chasse aux phares …Mais on commence à peine à en découvrir les effets à long terme sur les métabolismes, sur les activités des espèces non seulement nocturnes mais également diurnes selon leur adaptation.

  • Environ 2/3 des oiseaux migrateurs se déplacent de nuit. Pour s’orienter, ils utilisent les étoiles. Les éclairages nocturnes perturbent les oiseaux qui perdent leurs repères célestes. Gênés et désorientés, près d’un million d’entre eux en meurent chaque année selon Marc Théry, chercheur au laboratoire d’écologie générale du MNHN, à Brunoy (France).
  • Les insectes (diptères, papillons,) sont attirés par les sources lumineuses, jusqu’à une distance de plus de 500 m. On calcule qu’en saison estivale, il meurt environ 150 insectes par nuit sur chaque lampe routière. Cette disparation en masse entraîne non seulement des problèmes liés à la biodiversité des insectes, mais elle a aussi des conséquences plus ou moins directe sur tout l’écosystème, plantes et autres animaux. Ainsi, l’adaptation des chauves-souris pipistrelle à la ville, puisque qu’elles disposent d’un superbe garde-manger sous chaque lampadaire de rue ou autour d’une enseigne néon.
  • On nous voit des étoiles, mais nous ne les voyons plus

  • Les vers luisants comptent parmi les espèces animales ou végétales les plus touchées par la pollution lumineuse. « L’abondance de la lumière artificielle annule l’effet fluorescent de la femelle du ver luisant et ne lui permet plus de se faire repérer par le mâle, explique la Ligue ROC, association de protection de la nature. L’absence de fécondation entraîne la disparition de l’espèce.« 
  • La flore n’est pas à l’abri : éclairées en permanence, certaines espèces voit également leur rythme biologique s’accélérer. Conséquence : la végétation éclairée en permanence dégénère de façon précoce.

Un reportage de la TV suisse romande (5 minutes)

Pourquoi les insectes sont-ils attirés par la lumière ?

C’est grâce à la lumière que les insectes diurnes repèrent leurs ressources alimentaires ou leurs congénères pour la reproduction. Dans l’obscurité, ils sont complètement inactifs. Mais, la nuit, près d’une source lumineuse (lampe, réverbère…), même si c’est leur période d’inactivité, ils vont explorer les environs comme en plein jour. Bien que la lumière diurne soit diffuse, ces insectes ne sont pas pour autant attirés par sa source, le Soleil, au point d’essayer de l’atteindre. La raison de l  » attirance » des insectes nocturnes pour la lumière est liée à leurs déplacements. Pour s’orienter en vol, ils utilisent en effet la Lune et les étoiles, seules sources de lumières nocturnes naturelles depuis des millions d’années. En conservant un angle constant entre la direction de leur déplacement et la perception qu’ils ont de ces astres, sur une courte période, ils gardent un trajectoire rectiligne. Pour plus d’efficacité, ces insectes ont décalé leur perception du spcetre lumineux vers l’ultraviolet, rayonnement important dans les étoiles. Donc, si un insecte nocturne virevolte, en décrivant des spirales, autour d’une ampoule allumé la nuit, c’est parce qu’il s’y réfère pour s’orienter. Ponctuellements, plus proches et intenses que les astres, nos lumières artificielles, souvent riches en ultraviolets, sont des leurres pour les insectes nocturnes, nombreuw à s’y faire décimer par les prédateurs et la circulation automobile. (Source Terre Sauvage )

Une nouvelle loi française contre la pollution lumineuse

Les astronomes nous ont alerté dès les années 80 sur la "fin de la nuit" .

Les astronomes nous ont alerté dès les années 80 sur la "fin de la nuit"

Le Grenelle de l’environnement a prévu d’inscrire la pollution lumineuse dans le code de l’environnement. « Les émissions de lumière artificielle de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l’observation du ciel nocturne feront l’objet de mesures de prévention, de suppression ou de limitation », stipule l’article 36 de la loi votée en octobre 2008 (Grenelle I). «Il ne s’agit pas forcément d’éclairer moins, mais déjà d’éclairer mieux», explique pour sa part Nathalie Kosciusko-Morizet, à l’origine de l’article dans le projet de loi. Avec des systèmes d’éclairage bien conçus, on peut réduire la pollution lumineuse de 80-90% et espérer des économies d’énergie de 20 à 30% avant même d’avoir réduit le niveau d’éclairage. Et si on ramène l’éclairage à un niveau adéquat et si l’on contrôle l’éclairage afin de ne pas laisser des lampes allumées pour rien, le gain est encore plus considérable. Par exemple, en modifiant les installations pu­bliques actuelles – en remplaçant notamment les quelque trois millions de lampes à vapeur de mercure qui, sous la forme de grosses boules blanches, éclairent autant le ciel que le sol -, les collectivités territoriales bénéficieraient d’en­viron 40 % d’économie sur leurs dépenses d’éclairage.

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3 Réponses

  1. J’aime la nuit et le noir, drôle cette peur qui nous vient de la nuit des temps.

  2. Environ 2/3 des oiseaux migrateurs se déplacent de nuit.
    Pour s’orienter en vol, les insectes nocturnes utilisent en effet la Lune et les étoiles
    nos lumières artificielles, souvent riches en ultraviolets, sont des leurres pour les insectes nocturnes,..

    Avec des systèmes d’éclairage bien conçus, on peut réduire la pollution lumineuse de 80-90% et espérer des économies d’énergie de 20 à 30% avant même d’avoir réduit le niveau d’éclairage.

  3. Ben dis donc je savais pas que c’etait si grave…c fou ca…

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