Fraises d’hiver, goût amer


D’ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler « fraises » ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d’être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d’ailleurs à peu près le goût des tomates …Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion.

La fraise espagnole : pas éthique, pas bonne, pas écologique

Les consommateurs se sont habitués à la fraise d’hiver. Mais cette fringale a un coût, et c’est en Andalousie qu’il se mesure. Le WWF a le premier tiré la sonnette d’alarme en 2007 : l’essentiel des fraises produites hors-saison proviennent du sud de l’Espagne. Un alignement de serres que les riverains ont baptisé « la mer de plastique ». Cette culture intensive pompe l’eau des nappes, dans ce qui est pourtant l’une des régions les plus arides d’Espagne. Il faut aussi compter avec le carburant nécessaire au transport des fraises, et avec la sueur de ceux qui les récoltent, des saisonniers venus d’Europe de l’Est ou d’Afrique. Le bilan est lourd, et a suscité une pétition en ligne, lancée par les suisses de l’’association « Ras la Fraise ».

Reportage de la TSR : 80 % des ces fraises sont chargés de pesticides

Ouvrons les yeux, réfléchissons à ce que nous mettons dans notre assiette.

D’une manière générale, l’apparition depuis la fin du mois de janvier des fruits et légumes de printemps et d’été dans les grandes surfaces est pour nous l’occasion de réfléchir à cette pratique de consommation et à ses conséquences éthiques, écologiques mais aussi sanitaires.  Savez-vous que ces fruits et légumes :

  • sont « poussés » dans des serres « hors-sol », bourrées d’eau de pesticides et de conservateur
  • sont ramassées par une main d’oeuvre immigré, illégale et exploitée
  • consomment énormément de pétrole pour arriver sur nos marchés ?
  • sont souvent déplorables en terme de goût et de qualité nutritive
  • sont  plus cher en « hors-saison » qu’en pleine saison

Nous sommes ce que nous mangeons, et la planète est ce que nous mangeons . Devenons des consomacteurs.

Nicolas Hulot : le lien de cause à effet entre le choix alimentaire et les impacts sur la crise alimentaire, la crise climatique et la crise de la biodiversité

Alors, réapprenons les 4 saisons , éduquons nos enfants à manger des fruits et des légumes de saison. Et surtout achetons les « BIO », en sélectionnant les fournisseurs locaux ou en adhérant à une AMAP

En savoir plus

Voir aussi :

3 Réponses

  1. Nous sommes dans un siècle où l’on considère que tout est possible, donc pas de frein, pas de réflexion, pas de clairvoyance.
    La surenchère des performances et dérives sur la modification génétique, dérape,…sans réaction de la part des gouvernements.

    Le bouleversement que cela induit:
    sur le plan des valeurs nutritives, sur l’appauvrissement de l’environnement, et…de la nappe phréatique, les poisons distillés, et surtout l’abus de confiance envers des populations sanctifiant toujours le plus beau, le plus gros, le dernier à la mode, l’incroyable…

    Tout cela, pour aller dans le mur, lorsque la terre refusera d’avaler plus de pesticides, lorsque l’eau donnera sa dernière goutte protégée par l’armée, lorsque nos enfants mangeront plus de compléments alimentaires que de légumes, et lorsque la définition de la culture agricole aura rejoint l’image des dinosaures, lorsque les plans de sauvetages auront échoué, alors il sera trop tard…
    Silence nous sommes morts

  2. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi la grande majorité de la population joue les autruches, pensent-ils que nier le problème va le faire disparaître ?
    Lorsque je refuse tout traitement quel qu’il soit dans mon jardin, je passe pour une douce rêveuse et pourtant le résultat est là, des verts de terre, des coccinelles, des abeilles, des papillons, dans le « bois » au fond du terrain des blaireaux, toutes sortes d’oiseaux, et cette année je remets en état le petit étang

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :