Des poisons dans nos maisons. Marie-Christine Blandin sonne l’alarme.


produit_la_75596On se sent souvent soulagé une fois franchi le pas de la porte d’entrée. Loin du bruit, de l’agitation et de la pollution qui rendent parfois notre quotidien si désagréable. Pourtant, nos maisons n’ont rien du petit nid douillet que l’on imagine. Bien au contraire. Ecoutez Madame Blandin , elle parle d’or. Vous ne regardez plus votre intérieur de la même manière.

Interview de Marie-Christine Blandin, sénatrice Vert du Nord, qui a publié en janvier 2008 un rapport sur les risques et dangers pour la santé humaine de substances chimiques d’usage courant. Ce rapport propose de mieux évaluer les risques, de disposer d’indicateurs de l’état de santé de la population, de développer le principe de précaution et de parvenir à élaborer des produits moins toxiques. Madame Blandin énonce 20 recommandations dont la première est d’appliquer le principe de précaution !

Santé environnementale : interview de Marie-Christine Blandin, sénatrice Vert du Nord, par Provence Aix 21, le 3 Mars 2009

Aucune femme en âge de procréer ne devrait être exposée à des solvants :

Interview réalisé par Pierre Luton, paru dans le magazine mutualiste Rail & Progrès (MGC) et sur Naturavox

encensPierre Luton : Selon vous, il faudrait se méfier beaucoup plus de l’air que l’on respire à l’intérieur que de celui que l’on respire à l’extérieur !
Marie-Christine Blandin : Absolument ! À la maison, tout se cumule : le shampooing, le bain douche, la laque, la crème pour la peau, les pschitt pour ceci ou cela, la bougie
parfumée chimique, le détergent dont beaucoup apprécient l’odeur… À la suite d’enquêtes comme celle de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, on s’est aperçu que la maison renfermait notamment un cocktail de produits cancérigènes (qui peuvent provoquer le cancer) et repro toxiques (qui sont toxiques pour la reproduction
humaine). Ces produits-là, on ne les retrouve même pas dans le monde du travail parce qu’ils y sont tout bonnement interdits ! Mais à la maison, nous sommes moins bien protégés. Il n’existe pas de réglementation. De plus, à la maison, se trouvent des personnes plus fragiles comme les enfants, les personnes âgées, les femmes
enceintes ou les malades.

P.L. : Que conseillez-vous d’éviter ?
M.-C. B. :
Aucune femme en âge de procréer ne devrait être exposée à des solvants. Des produits qui servent à la peinture, à la vitrification peuvent être dangereux pour le futur bébé. Il faut aussi faire attention aux cosmétiques, surtout ceux qui contiennent des éthers de glycol. Attention aussi aux teintes pour cheveux et aux vernis. Attention enfin aux moquettes neuves. Il paraît qu’il faut aérer une pièce dans laquelle on
pose une nouvelle moquette durant 15 jours avant d’y rentrer. Vous le saviez vous ? On ne peut pas dire que les vendeurs en fassent une grande publicité. Il faut aussi plus
de sobriété dans le choix des produits pour l’entretien.

P.L. : Qu’est-ce que vous voulez dire par : « plus de sobriété » ?
M.-C. B. :
Il vaut mieux réduire sa consommation de produits ménagers et ne pas se laisser avoir par la pub. Ainsi, il est plus important de bien aérer tous les jours et de ventiler ses pièces que de faire brûler des bougies parfumées ! Le meilleur parfum, c’est l’air pur. Autre exemple : à la pollution du tabac, certains ont tendance à ré pondre par une autre pollution en diffusant des parfums. Si dans les bougies qu’on fait brûler, il n’y a effectivement pas de benzène, -produit dangereux interdit à la vente- il ne
faut pas oublier que leur combustion, elle, produit bel et bien du benzène !

P.L. : Existe-t-il des solutions ?
M.-C. B. :
Il est temps que les pouvoirs publics édictent des normes. Il faut aussi
garantir la possibilité aux agences expertes de rester indépendantes. De plus,
aujourd’hui, il faut garder à l’esprit que l’industrie cherche à écouler ses vieux
bidons avant de passer à autre chose. Elle a besoin de rentabiliser ses brevets. Dans le rapport que j’ai réalisé, et qui a été voté à l’unanimité par des élus de tous bords, dont l’ancien ministre de la Recherche, François Goulard, nous proposons notamment de mieux évaluer les risques, de disposer d’indicateurs de l’état de santé de la population, de développer le principe de précaution et de parvenir à élaborer des produits moins toxiques. En attendant, le grand public peut se tourner vers des produits bios labellisés, même si ce n’est pas la panacée et même si les prix ont tendance à être plus élevés. Quand la demande de ces produits augmentera, ils verront leur prix baisser.

Que faire ? 6 gestes simples

aererLe site Naturavox vous propose « Le guide de la Maison propre » :

Pour en savoir plus :

En savoir plus :

Une Réponse

  1. et dans les lieux publics? chez soi, on fait ce qu’on peut ( vitres à l’eau claire + microfibre….), mais là où on ne peut pas maîtriser les produits d’entretien? Je voulais , en lisant cet article, « dénoncer » mon école maternelle, ou le déodorant a longtemps remplacé la ventilation inexistante des toilettes et où la municipalité -d’une commande et d’une promo à l’autre – nous impose des produits parfois irritants qui me sensibilisent. J’ai renoncé, me traitant de parano, mais le sujet est sorti hier aux infos: toutes les crèches seraient probablement très très au-dessus des seuils admissibles du point de vue de la qualité de l’air, et les auteurs de l’enquête disent qu’il faudra vérifier les établissements scolaires: cene serait donc pas des idées que je me fais, ni un cas isolé!

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