Pesticides : quand les agriculteurs sortent du rang


En plein Salon de l’agriculture, le tout jeune réseau Victimes Pesticides diffuse des témoignages d »agriculteurs ou d’horticulteurs exposés aux produits phytosanitaires et atteints de maladies

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« Qu’un seul tienne et les autres suivront »

Le Mouvement pour le respect et le droit des générations futures (MDRGF) essaie de fédérer un réseau de victimes des pesticides derrière le combat de Paul François. Intoxiqué par le Lasso de Monsanto, cet agriculteur charentais a enchaîné plusieurs comas et des mois d’hospitalisation. Un marathon médical doublé d’un parcours du combattant juridique pour faire reconnaître son cas en accident du travail. Après avoir obtenu ce sésame rare l’année dernière, il a attaqué la multinationale pour manquement à l’information et à la sécurité.

Les agriculteurs sont les premières victimes des pesticides

« Un certain nombre d’agriculteurs comprennent l’intérêt de sortir de l’omerta. Même si cela ne règle pas leur problème, cela peut éviter à d’autres de connaître ces mésaventures« , commente François Veillerette, président du MRDGF. En janvier, des membres de Victimes Pesticides se sont réunis à Ruffec, sur les terres de Paul François pour partager leur expérience. Certains ont même accepté de la raconter face caméra.

Ils témoignent sur le web

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L’oeuf fait la poule !


300 millions de poules sont élevées dans l’Union Européenne. 75% de ces oiseaux sont élevées en cages de métal. L’heure de l’interdiction des cages nues sonnera en 2012. A partir de cette date, la règlementation tolèrera toutefois les cages dites « enrichies ». Mais, la préférence croissante des consommateurs pour les œufs de plein air est un signal fort adressé aux producteurs en faveur d’élevages plus respectueux des animaux ! Dans ce contexte, l’ONG « Compassion in World Farming » vient de remettre les Trophées des Œufs d’Or 2009 à 70 entreprises exemplaires.
Poule de race Brahma bleu perdrix

Poule de race Brahma bleu perdrix

Les poules (femelle de la sous-espèce domestique Gallus gallus domesticus) sont des oiseaux complexes, qui disposent d’un vaste répertoire comportemental. Leur bien-être dépend grandement de leur capacité à exprimer certains besoins essentiels : construire un nid pour la ponte, prendre des bains de terre, se percher, rechercher leur nourriture, pondre au printemps quand les jours rallongent…Cà, c’est de la biologie, mais aujourd’hui la poule est un business, alors il faut « faire cracher » les poulaillers .

Savez-vous ce qu’est une « usine à oeufs » ?

Les poules élevées en cages passent les 13 mois de leur vie de pondeuse dans de petites cages nues et collectives, alignées sur plusieurs étages dans de vastes hangars sans fenêtre. 18 poules par m2,  soit une feuille A4 par poule !  Lire la suite

Droits dans leurs bottes. Avez-vous vu le film « Paroles de Paysans » ?


Ni éleveurs bovins, ni producteurs de porcs, de lait ou de fromage, les femmes et les hommes que nous avons croisés ont choisi simplement d’être paysans.

Une façon pour eux, de rappeler avec force leur attachement au pays, à la terre. Un pays dont ils prennent soin, qu’ils protègent. Dans le Nord, en Isère, dans le Sud-Ouest, en Bretagne, il existe des paysans qui s’interrogent, se battent pour une agriculture plus juste, plus humaine, plus respectueuse de l’environnement.

Hugues, éleveur laitier et transformation – Nord ; Jacky, éleveur de porcs et bovins lait – Ille et Vilaine ; Elise et Jean-Louis, éleveurs bovins lait – Jura ; Christophe, éleveur de chèvres et transformation – Isère ; Fabienne et Didier, producteurs de melons, Tarn et Garonne ; Jean-François, viticulteur – Gard ; Gaby, maraîcher – Nord ; Brigitte et Yves, volailles et bovins viande – Sarthe ; Gaëtan, lait – Ile et Vilaine ; Thierry, céréales – Gers

Bande annonce du film

Vous pouvez aussi voir les extraits suivants :

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La Bretagne décide de rompre avec le modèle productiviste


Avec le plan Objectifs Terres 2020 annoncé en février par Nicolas Sarkozy et Michel Barnier, l’agriculture française change enfin de cap. Depuis 2008, en Bretagne, le département des Côtes d’Armor a pris de l’avance  : le financement public de l’agriculture est réservé aux petits exploitants engagés dans une démarchebasta de développement durable. Outre l’action remarquable du CEDAPA d’André Pochon, c’est maintenant la Chambre d’Agriculture et le Conseil Général qui s’enage vers une agriculture solidaire et respectueuse de l’environnement.  Un bonus sera même accordé à ceux qui passent en bio. Bravo les bretons !

Article de Basta ! par Raphaël Baldos le 9 mars 2009

2867417806_65b11cba6c_o Une agriculture solidaire et respectueuse de l’environnement est-elle possible ? Le conseil général des Côtes d’Armor en a fait le pari. Il a adopté, il y a un an, de nouvelles orientations stratégiques qui donnent la priorité à l’agriculture bio et durable, aux labels de qualité et aux petites exploitations. Et qui excluent le soutien aux cultures OGM. « Nous considérons que le modèle agricole breton (productivisme au détriment de l’environnement) est dépassé », explique Hervé Tanguy, directeur de l’agriculture et du développement durable au conseil général. « Pour affronter la concurrence internationale, il faut améliorer la qualité des produits, encourager l’innovation et diversifier les productions. »

Ces nouvelles orientations font suite à un travail de réflexion et de concertation entamé en 2006. Une centaine de personnes issues de syndicats agricoles, de coopératives, de lycées agricoles, de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et du monde associatif ont été auditionnées par la Commission de l’agriculture et du développement durable. Lire la suite

André Pochon : le scandale des usines à cochons


9782268066981fsAndré Pochon est agriculteur en Bretagne et milite depuis les années 1970 pour l’agriculture paysanne Fondateur du CEDAPA, association de paysans en agriculture durable, il  propose des solutions alternatives à l’élevage intensif basées sur un élevage des vaches sur prairies (à base de trèfle blanc) et des porc sur paille. Le paradoxe : ce qui ressemble à une révolution ne fait que prôner le bon sens, le retour aux règles de base de l’agronomie, le rythme des saisons et le bien-être des animaux… »Pas d’économie sans écologie » martele Dédé Pochon. Sylvain lapoix, de Marianne.fr, lui a posé quelques questions sur son dernier ouvrage « Le scandale de l’agriculture folle », aux éditions du Rocher. André Pochon a vu se dégrader la Bretagne dans les dérives de l’agriculture porcine intensive. Pour lui, l’industrialisation de l’agriculture qui pourrait prendre fin si les lobbys phytosanitaires et les chambres d’agricultures revenaient aux méthodes paysannes.

« Le scandale des usines à cochons »

Interview d’André Pochon in Marianne.Fr – Lundi 09 Mars 2009. Lire la suite

Un Trophée de l’agriculture durable pour un militant de la Conf’


Benoît Biteau a remporté le premier Trophée de l’agriculture durable, à Paris  «Si je n’avais pas 40 ans, si je n’avais pas un peu bourlingué, si je n’étais pas têtu et si je n’avais pas voulu valoriser mes expériences professionnelles précédentes, je n’aurais jamais reçu cette distinction. » Il a donc fallu la conjonction de beaucoup de « si » et une sacrée dose d’obstination pour que Benoît Biteau soit récompensé. Les banquiers qui n’ont pas été séduits par le projet d’installation de Benoît Biteau, voire qui l’ont dissuadé, s’en mordent peut-être les doigts aujourd’hui.

Sud-Ouest, David Briand, le 6 Mars 2009

L’agriculteur est, en effet, devenu le premier lauréat des Trophées de l’agriculture durable, décernés lors du dernier Salon de l’agriculture. Après la sélection (par région) d’une dizaine de dossiers, un jury national – présidé par Erik Orsenna – a donc reconnu les efforts accomplis par celui qui est à la tête de son exploitation depuis deux ans seulement. Et c’est en arborant, sur le revers de sa veste, son badge de la Confédération paysanne qu’il a reçu son trophée des mains de Michel Barnier, le ministre de l’Agriculture.

Le ministre interpellé

Une tribune rêvée afin d’interpeller le ministre sur des sujets qui lui tiennent à coeur, comme l’installation, la PAC ou l’eau. « Une question fondamentale pour le bassin versant de la Seudre que nous partageons avec les ostréiculteurs de Marennes-Oléron. » Avec, en ligne de mire, la culture du maïs dont il est un adversaire résolu. « Aux problèmes de disponibilité de l’eau douce l’été, s’ajoutent des impératifs qualitatifs. Le maïs est source de rejets de pesticides qui, en bout de course, peuvent toucher les coquillages, qui sont des filtres. » Ces paroles non consensuelles ont visiblement séduit le ministre puisqu’il l’a revu en tête à tête cette fois, trois jours plus tard. « Je l’ai trouvé courageux et audacieux », confie Benoît Biteau. « Nous partageons les mêmes convictions. Sauf qu’il est obligé de trouver des compromis avec les lobbies que sont les grands céréaliers et les irrigants. »

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Le film « Notre pain quotidien »


Pendant deux ans, Nikolaus Geyrhalter a placé sa caméra au coeur des plus grands groupes européens agricoles pour réaliser un documentaire pour le cinéma qui interroge et implique intimement chaque spectateur. Notre pain quotidien ouvre une fenêtre sur l’industrie alimentaire de nos civilisations occidentales modernes.

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Réponse à notre surconsommation, la productivité nous a éloigné d’une réalité humaine pour entrer dans une démesure ultra-intensive qui a rejoint les descriptions des romans d’anticipation.
Cadrages minutieusement composés, images cristallines, montage fluide construisent un film sans commentaire, sans propagande, dont les images parlent et demeurent.

Prix spécial du Jury – Festival international du film documentaire Toronto 2006

« Terrifiant panorama d’une industrie devenue folle, Notre pain quotidien nous convie à l’ultime bombance, un vrai repas de funérailles. » Télérama – Mathilde Blottière

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