Fraises d’hiver, goût amer


D’ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler « fraises » ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d’être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d’ailleurs à peu près le goût des tomates …Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion.

La fraise espagnole : pas éthique, pas bonne, pas écologique

Lire la suite

Agriculture et biodiversité


Cet  article de synthèse de Gilles KLEITZ , responsable Stratégie nationale pour la biodiversité au Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, date de 2005. En 2009, suite au Grenelle de l’Environnement, le Ministre de l’Agriculture annonce enfin un redéploiement des aides publiques et de la PAC  vers des systèmes plus respectueux de l’environnement. Il est plus que temps.

La biodiversité des territoires agricoles, pastoraux et ruraux

copie-de-dscn0720Le domaine rural, où s’exercent notamment les activités agricoles et pastorales, couvre plus de la moitié du territoire français. On y trouve non seulement l’ensemble des habitats et des espèces du territoire, y compris celles inscrites dans les livres rouges (listes des espèces rares ou menacées), mais également le patrimoine vivant des espèces, variétés, et races cultivées ou élevées, sélectionnées au cours de l’histoire. Le monde rural joue ainsi un rôle de premier plan dans l’évolution de la diversité du monde vivant sur le territoire français. De façon pratique, les liens entre activité agricole et biodiversité se comprennent à l’échelle de la parcelle, de l’exploitation, et du territoire. Ils intègrent les dimensions biologiques et agronomiques, sociales et techniques, et les rapports à l’économie et aux marchés. Lire la suite

Signez la pétition contre le Cruiser


Le gouvernement a autorisé l’utilisation du Cruiser, un insecticide neurotoxique déjà utilisé en Allemagne et en Italie. Selon le syndicat des apiculteurs, ce produit aurait fait des ravages chez les abeilles en Italie. France Nature Environnement vous propose ici de signer une pétition pour protester.
Manifestation à Paris dapiculteurs contre le pesticide Cruiser, en février dernier (Sipa)

Manifestation à Paris d'apiculteurs contre le pesticide Cruiser, en février 2008 (Sipa)

Le Cruiser est un puissant insecticide contre les taupins et l’oscinie, fabriqué par Syngenta, il contient du thiaméthoxam, un produit neurotoxique pour les insectes. Interdit en Allemagne, il  a été autorisé en France par le Ministère de l’Agriculture début 2008, puis interdit , puis de nouveau autorisé en Décembre 2008  .  Une illustration du pouvoir du lobby des »produits de sante de la plante » (sic). La décision provoque la colère de l’Unaf (Union Nationale de l’Apiculture Française), qui souligne les faiblesses du dossier, les chiffres alarmants en provenance d’Italie, l’expérience du Gaucho et du Régent avant leur interdiction.

>> Signez dès maintenant cette pétition sur le site de la France Nature Environnement

Lire la suite

« Objectif terres 2020 » : le déclin du modèle agricole productiviste officialisé


Nous l’avions rêvé, Michel Barnier l’a fait ! Cette fois-ci, plus de doute, l’agricul­ture française change de cap. Le plan « Objectif Terres 2020 » veut promouvoir un « nouveau modèle agricole français » fondé sur le développement durable avec pour objectif de « produire plus et produire mieux ». Ce plan est une mise en forme des nouvelles priorités agricoles françaises, il s’accompagne d’un redéploiement d’une partie des aides de la PAC, qui  devrait bénéficier entre autres aux élevages herbagers, à l’agriculture biologique, aux protéines végétales, à l’agriculture de montagne, à l’apiculture.…bref à la biodiversité  en milieu rural.

Michel Barnier avait déjà lancé en 2008  les plans d’action « EcoPhyto2018 », « AgroBio 2012«  visant à réorienter l’agriculture française vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement et de la santé publique, et  à la mettre en phase avec les attentes des consommateurs . Présenté à Daumeray (Maine-et-Loire), par Michel Barnier et Nicolas Sarkozy à la veille du Salon international de l’agriculture,  le plan  « Objectif Terres 2020 » comporte 60 mesures « qui doivent permettre à l’agriculture de s’adapter aux nouveaux défis de l’environnement.» Il est construit à partir des réflexions menées dans le Grenelle de l’environnement, des assises de la forêt et de celles de l’agriculture et autour de démarches innovantes, écologiquement durables et productives.


Lire la suite

Les sols français menacés par l’érosion, les pollutions et le bétonnage


Un quart des sols en France sont affectés par l’érosion s’inquiétent les experts qui dénoncent également le bétonnage du territoire et la pollution d’origine agricole ou industrielle, alors que l’Europe peine à accoucher d’une directive sur la protection des sols.

L’érosion est « une des menaces les plus importantes » pour la qualité des sols

L’érosion entraîne une « perte irréversible », selon Dominique Arrouays, directeur de l’unité Infosol à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). En effet, la vitesse de formation des sols est très lente en France – environ 100 kilos de terre par hectare et par an, et « si on en perd plus, ce n’est pas durable », a-t-il expliqué lors d’une réunion organisée par l’Association des journalistes de l’environnement (AJE). Actuellement, environ 25% des sols français sont menacés d’érosion, particulièrement les grandes plaines limoneuses du nord de la France, mais « on n’a pas de suivi de la quantité de sol perdue chaque année au niveau du territoire français », a-t-il regretté.

60.000 hectares disparaissent sous le béton chaque année en France

Lire la suite

Le point sur la disparition des abeilles


Article : « La disparition des abeilles : enquête » Date : 16 mai 2008, mis à jour le 23 Décembre 2008 Source : Science.gouv.fr – Ministère de l’Enseignement et de la Recherche (France). – Texte intégral

Ce phénomène, mondial, mobilise des chercheurs de toutes nationalités. Il pourrait avoir des conséquences très graves : la disparition des insectes pollinisateurs serait un désastre écologique menaçant l’agriculture et une grande partie de nos ressources alimentaires. Probablement multifactoriel, le dépérissement des colonies d’abeilles trouve une partie de ses causes dans les activités humaines et leurs influences sur les paysages, les ressources et les équilibres écologiques.

Un phénomène déjà connu

Abeille charpentière

En 2007, les Etats-Unis tirent la sonnette d’alarme : les abeilles disparaissent massivement et soudainement. Partout dans le monde, le taux de mortalité apicole atteint des records, de la fin de l’année 2006 à la fin de l’hiver 2007 : perte de 60 % des colonies aux USA et jusqu’à 90 % dans certains Etats de l’Est et du Sud ; 40 % des ruches se sont vidées au Québec, 25 % des colonies sont décimées en Allemagne, idem à Taiwan, en Suisse, au Portugal, en Grèce et dans de nombreux autres pays d’Europe. Pour la première fois, une estimation des pertes financières potentielles liées à la disparition des abeilles est réalisée : près de 15 milliards de dollars rien qu’aux Etats-Unis. Les médias alertent alors l’opinion publique.

Des colonies victimes d’un « syndrome d’effondrement »

Lire la suite

Un formidable documentaire : « Un monde pas tout à fait mortel »


Un jour, Isabelle Jéhannin a mis sa caméra sur l’épaule et elle est partie sur le terrain pour filmer le quotidien de l’emploi des pesticides. Sans parti pris, elle interviewe différents acteurs : agriculteurs et arboriculteurs, scientifiques, médecin de campagne, victimes…Chacun raconte son histoire en confiance, exprime ses doutes.

Elle en a tiré ce documentaire « Un monde pas tout à fait mortel » , en grande partie filmé dans sa région, la Meuse, où elle réside en milieu rural. Ecoutez la :

«J’avais envie que le plus grand nombre de gens sachent réellement ce que sont ces produits, pour ne pas qu’un jour on dise « On ne savait pas ».»

Sur le site dédié au film qui commercialise le DVD au prix de 15 euros, vous y trouverez aussi les dates et lieux des projections publiques. Et sur Terre-TV, vous lirez un interview d’Isabelle Jehannin et vous pouvez voir le film en entier.

Agriculture et pesticides : quand le doute s’installe

Ce film pose 4 questions :

  • Le principe de précaution s’applique-t-il aussi à l’agriculture ?
  • Les firmes peuvent-elles continuer à mettre sur le marché des produits phytosanitaires sans contrôle indépendant ?
  • Les pouvoirs publics jouent-ils suffisamment leur rôle pour la protection de la santé des citoyens?
  • A-t-on envie de vivre  dans « un monde pas tout à fait mortel » ?

Pourquoi ce titre ?

Lire la suite